Le Autre Effet Papillon
The Other Butterfly Effect
El otro efecto mariposa
2025
Projet soutenu par le Conseil des arts du Canada
Installations interactives et habitables réalisées à partir de couvertures d’urgence, de textiles, de pierres et d’éléments naturels.
International Symposium of Contemporary Art of Baie Saint Paul, Quebec, Canada.
Le Autre Effet Papillon explore la migration, la transformation et l’interdépendance entre les mondes humain et non humain, en prenant le papillon monarque comme figure centrale. Le projet s’inspire de l’un de mes souvenirs d’enfance les plus marquants: la visite du sanctuaire des monarques dans les forêts du Michoacán, au Mexique, où des millions de papillons se rassemblent chaque hiver après avoir migré depuis le Canada. Aujourd’hui installée à Montréal, cette espèce est devenue pour moi un symbole vivant de connexion entre territoires, cultures et écosystèmes, incarnant à la fois la beauté et la transformation, mais aussi la vulnérabilité, étant désormais menacée par les changements climatiques, la perte d’habitat et les activités humaines.
Développé en dialogue avec différentes communautés et le paysage de Baie Saint Paul, Le Autre Effet Papillon prend la forme d’installations interactives et habitables, réalisées à partir de matériaux chargés de sens, tels que des couvertures de survie, des textiles et des éléments naturels. Ces structures évoquent des cocons, des ailes, des refuges et des réseaux de soin, invitant le public à traverser, habiter et activer l’œuvre, tout en contribuant par ses gestes et ses réflexions à une cartographie sensible et évolutive des migrations contemporaines.
Il était une fois… évoque la forêt d’arbres d’oyamel du Michoacán, au centre du Mexique, recouverte par des millions de papillons monarques qui migrent chaque automne depuis le Canada. L’installation propose une expérience symbolique de passage et de transformation. Les structures orangées, comme les papillons, peuvent être parcourues et brièvement habitées, fonctionnant comme des cocons : espaces d’intimité, de réflexion et de transformation. Réalisée avec des couvertures d’urgence, l’œuvre évoque à la fois les crises climatiques et la vulnérabilité des migrants aux frontières. Elle relie la fragilité des écosystèmes à celle des humains et invite à imaginer d’autres formes de soin partagé.
Gravité évoque et déconstruit symboliquement les ailes d’un papillon en vol. Les pierres renvoient au territoire et à l’appartenance : ce qui soutient mais qui peut aussi s’épuiser par l’extraction et les pratiques non durables. Les fils tendent l’air et rendent visible une trame de forces qui nous relie et nous transforme. Les bas de nylon, orangés et noirs, évoquent l’identité du papillon monarque, marquée par l’adaptation et la migration. L’œuvre déploie une tension entre fragilité et force, territoire et déplacement, appartenance et migration, invitant à réfléchir sur la capacité de transformation qu’un simple battement d’ailes peut déclencher.